Pour la 19ème édition de l’Epitanime, l’association No-Xice a eu la brillante idée d’organiser un concours de visual novel, sans doute pour rebondir sur la sortie de leur propre bébé répondant au nom d’Anamnesis (qui est soit dit en passant le premier visual novel français). Etant donné que ce support se démocratise de plus en plus chez les otaku grâce – entre autre – à pbsaffran et son Sanglot des cigales ou bien kawa-soft et ses « multiples » traductions, un nombre assez conséquent de personnes a répondu à l’appel pour participer à ce concours. Cette initiative de No-Xice a donc été un petit succès qui nous a permit de constater, encore une fois, que les Visual Novel sont de plus en plus populaires dans le monde otaque.
Parmi les groupes qui ont répondu à l’appel, le « cercle » esprit doujin, représenté par nyo et ses camarades, a pondu un visual novel (sans nom) qui a été injustement boudé par le jury du concours, notamment à cause de son aspect brouillon. Visiblement, les jurés ne devaient pas connaître le dicton « l’habit ne fait pas le moine », car sinon il est clair que ce chef d’œuvre aurait été reconnu à sa juste valeur en terminant premier. Ce visual novel m’a d’ailleurs tellement touché que je vais vous en parler dans cet article, en essayant de vous expliquer pourquoi esprit doujin a clairement réaliser l’œuvre du siècle en 1 heure sur le thème « otaku in love ».
Je précise au cas-où que mon but avec cet article n’est pas d’essayer de faire gagner un prix spécial à ce visual novel sans nom, mais tout simplement de vous donner envie de jouer à ce Neon Genesis Evangelion du genre.
Un écran titre diablement efficace.
Le visual novel d’esprit doujin se déroule un samedi 22 mai (vraisemblablement en 2011), pendant la convention epitanime et met en scène un personnage « sans nom » encore une fois, avec qui nous allons TOUT partager.
Le début commence dans la cour pasteur de la célèbre école d’informatique. Notre héros s’ennuie dans cette convention, tout en souffrant de la chaleur presque estivale du mois de mai et de la faim. C’est alors qu’il commence à penser à sa sœur. Un mec qui souffre du complexe de la petite/grande sœur ? Pourquoi pas, ça répond au thème « otaku in love » après tout. Dès le début, nous sommes donc prévenus : même si ce n’est pas techniquement un eroge, ce visual novel ne sera pas non plus entièrement soft pour ce qui est de la lecture. D’ailleurs c’est peut-être un des points fort de l’œuvre cette écriture érotique codée qui n’est pas illustrée. Enfin, on va reviendra sur ce point plus tard.
Après avoir eu des pensées pas très bouddhistes sur sa sœur, notre héros aperçoit une silhouette familière qui se démarque de la foule. Serait-ce cette fille dont il parle depuis le début, ou alors un homme ou une autre femme ? A vrai dire on ne saura jamais qui c’est. Par contre, on peut barrer l’option « homme », je pense étant donné que les membres d’esprit doujin tiennent à peu près tous à leur virilité. Quoi qu’il en soit, le héros a alors « le sang qui bouillonne » -> traduction, il a une érection. Nous pouvons donc là voir une première manifestation de cette écriture pour le moins osée et si pure au premier abord. On mentionne aussi un certain « pentacle » qui se forme dans son esprit, ce qui est sans aucun doute une forme de fantasme chez le héros.
Se succèdent ensuite deux phrases assez intrigante : « douce amertume » et « enfer de plaisir ». Le héros est-il en train de repenser à une personne qui lui a donné beaucoup de bonheur et qui l’a blessé par la suite ? Sans aucun doute. Mais après, reste à déterminer qui. Sa sœur ? On verra bien~
La silhouette devient de plus en plus proche aux yeux du héros. Mon Dieu, mais qui est-ce ? Le suspens est insoutenable et comme de par hasard, ce connard de nyo nous balance alors une phrase encore plus intrigante, mais qui nous semble tout de même un peu hors sujet sur le moment.
Plus fort encore qu’un plan de complémentarité.
On peut voir à ce moment que esprit doujin sait plutôt bien créer un univers avec beaucoup de tension, malgré un texte plutôt court et une écriture relativement simple dans sa forme ainsi que ses expressions. Enfin bref, après cette phrase que personne ne comprend sur les huître et les crabes, le héros dit qu’il reconnaît définitivement la silhouette. Il se met à appeler cette « salvation promise par le destin » qui se met à le regarder. Leurs regards se rencontrent ; la tension est au maximum. Le temps semble s’arrêter. Et soudainement, un écran noir apparaît…
Le pentacle s’efface, le héros est plongé dans les ténèbres. « Son coeur se dessèche » et son « sang fait partie de l’univers », et il voit son destin défiler. Et puis il voit un point blanc et dit qu’il voit son amour grandir dans son cœur, comme dans celui des autres. J’aurais tendance à traduire ce passage comme étant une scène de sexe, mais c’est tellement obscur qu’on va éviter.
Après tout ce charabia digne d’EVA, notre héros se retrouve téléporter dans la salle de la brigade SOS à Epita. Pour le coup, c’est tellement incompréhensible que ça en devient génial. Était-ce un rêve avant ? A-t-il été transporté dans une autre dimension par l’amour qu’il a retrouvé ? Tant de questions qui resteront à jamais sans réponses, raaaah. (j’espère d’ailleurs que le créateur du visual novel viendra nous éclairer dans les commentaires…)
Parmi tous les gens en 3D qui peuplent la salle, LA fille est encore là. Le héros interpelle la fille, et celle-ci semble étonner, comme si ils se connaissaient déjà en fait. Serait-on dans une réalité alternative créée par l’amour entre le héros et cette fille ? Ou alors, plus simple : le héros était tellement absorbé par ses monologues idiots qu’il s’est retrouvé sans le savoir dans la salle de la brigade SOS où la fille dont on parle tant depuis le début est allée. Mais bon, c’est moins fun comme interprétation tout de même.
On a alors la confirmation que c’est bien la sœur du héros dont il est question. On ne saura jamais si nous sommes dans une réalité alternative ou bien toujours dans la même époque, toutefois on est sûr d’une chose : il veut se le taper, et elle aussi l’aime visiblement. Ensuite c’est là que le jeu se divise en trois « routes » différentes, avec des fins qui ne se ressemblent pas à chaque fois. Je ne vais pas revenir sur ces trois choix car je pense vous avoir déjà assez bassiné avec l’histoire de ce visual novel. Et puis bon, je ne vais quand même pas vous spoiler la fin de l’histoire, non ? Et puis je vous ai déjà assez donné de théories fumeuses comme ça, il faut pas pousser mémé dans les orties tout de même…
Quoi qu’il en soit, je pense que grâce à ces quelques lignes vous avez pu remarquer ce qui fait la qualité de ce visual novel : son histoire. A la fois complexe et simple, elle nous transporte en quelques minutes bien plus loin que n’importe quelle autre œuvre dans le genre. nyo a décidé de prendre le risque de privilégier la qualité à la quantité, en nous offrant un VN court, sans musique et avec pas beaucoup d’images et ça a payé. Son écriture simple arrive à créer une certaine ambiance qui est propre à l’œuvre d’esprit doujin, remplie de tension, d’amour et d’interrogation. Je pourrais continuer à vous parler pendant des heures de ce visual novel, tant il m’a touché (une des fins m’a même montré la voie à suivre pour le reste de ma vie), mais ce serait inutile, autant s’arrêter.
Maintenant, j’espère juste que vous allez lire ce visual novel qui est absolument un pur chef d’œuvre. Ça vous prendra deux minutes de votre temps et je vous jure que vous ne le regretterez pas. Par contre après vous risquez de réfléchir pendant des heures à propos de l’histoire et c’est assez problématique si vous avez un travail, ah ah.
Bonne lecture à tous et n’hésitez pas à remercier nyo pour l’écriture ainsi que ses différents compagnons pour cette œuvre qui va vous hanter jusqu’à la fin de vos jours.










