Il y a de cela quelques semaines, le sympathique Gemini nous a envoyé sur le chat IRC d’Alice au pays des Shôjo un lien menant vers des critiques de manga et d’anime diverses et variées, rédigées par lui-même. Jusque-là, rien à signaler, c’est un Mercredi comme les autres : je m’ennuie, je clique sur tout ce qui bouge, et je discute sur IRC/msn/Mumble (ma vie est passionnante, je sais). Seulement, comme le dit si bien mon Papa, il ne faut jamais cliquer sur les liens envoyés sur internet car sinon on pourrait amèrement le regretter. Car oui, je regrette d’avoir été zieuter MAZ, parce que si j’avais joué à TF2 à la place, par exemple, je n’aurais pas écrit encore une fois un tissu de bêtises indigestes. Là, tout de suite, tu dois sans doute te demander « pourquoi est-ce qu’il a l’air aussi traumatisé ? Il a vu du child-porn ? Ah non, c’est pas le site de Patchouli. Il a lu des critiques qui ne lui plaisaient pas ? » – eh bien oui cher lecteur (je me suis inventé un copain pour faciliter l’écriture de cette introduction), tu as raison, puisque ce qui me met dans cet état c’est effectivement une des critiques que j’ai pu trouver sur ce site.
Lorsque l’on zieute un site dans le genre, on a tendance la plupart du temps à vouloir lire ce que pense le blogueur de nos manga favoris, ceux qui nous ont fait rêver et vibrer, jusqu’à faire monter en nous un élan de PASSION parfois. Et vu que je suis, à l’instar de ce blog, tout sauf original, c’est ce que j’ai fait en voulant lire la critique de Gemini sur I’ll. Ce que je n’aurais pas du faire, comme je le répète depuis tout à l’heure. Pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur les liens que j’insère avec amour, voici la critique dans toute son intégralité :
« I’ll est un petit manga gentillet certes sympathique à lire et reposant, mais pas transcendant.
Agréable sans plus… »
Je te vois d’ici cher lecteur en train de me dire « D’accord, sa critique t’indigne au plus au point, mais les goûts et les couleurs, ça ne discute pas petit Teletubbies ». Alors d’une, je te demande de me parler un peu mieux tout de même car je peux expulser les sans papiers du Pays du Teletubbies otaku sans problème ; puis de deux, je suis totalement d’accord avec toi, seulement si on sort cet argument là à chaque fois, eh bien on ne va pas avoir beaucoup de débats. Maintenant que je t’ai bien remonter les bretelles, je t’entends d’ici me répondre « Et ton article sinon, il sert à quoi ? Tu m’agaces à force de me reprendre comme si tu possédais la science infuse ! ». Comme je suis de très bonne humeur, vacances oblige, je vais te dire le pourquoi de cet article ; pour cela nous allons encore revenir en arrière, au moment où j’ai lu les quelques lignes rédigées par Gemini.
Généralement, quand on lit quelque chose dans le genre sur un site ou un blog, ce que l’on a envie de faire, c’est de discuter avec la personne qui a écrit ce qui nous indigne. Après avoir lu la critique, j’ai donc voulu en toute logique laisser un commentaire sur le site. Cependant, à ce moment là, je me suis aperçu d’une chose : que l’on ne pouvait pas laisser de commentaires sur MAZ. C’est donc animé d’une envie de tout détruire que je me suis ramené dans le chat IRC précédemment cité en criant quelque chose comme « GEMINI VIENS TE BATTRE SI TU ES UN HOMME § ACTIVE LES COMMENTAIRES ». Bref, autant le dire tout de suite, j’ai été plutôt primaire. Heureusement, la discussion s’est bien déroulé ensuite ; et c’est au bout de quelques minutes que Gemini me dit : « si tu veux m’expliquer en quoi I’ll est un chef d’œuvre, BLOGUE ! ».
Tu commences à comprendre cher lecteur, maintenant ? Si ce n’est pas le cas, on va résumer cela simplement. En gros ce qui va suivre est un article dédicacé à Gemini, écrit pour lui expliquer en quoi I’ll est plus qu’un « manga gentillet [...], mais pas transcendant ». Bien entendu, outre cela, ce billet est également là pour essayer de faire découvrir à un maximum de gens une série qui me tient réellement à cœur. Je ne serais pas surpris d’apprendre que j’ai perdu la moitié de mes lecteurs avec cette introduction, seulement si il en reste quelques uns (autres que mon lecteur imaginaire, bien sûr), j’espère que cet article leur plaira puisque c’est sans doute celui que j’ai écrit avec le plus de passion depuis que je tiens ce blog. Bonne lecture.
Je me souviens que ce jour-là le ciel était bleu… un bleu magnifique…
I’ll est un manga en quatorze volumes de Hiroyuki Asada (Letter Bee, ça vous dit quelque chose ?), qui commence par une rencontre pour le moins électrique entre deux collégiens, Akane Tachibana et Hitonari Hiiragi, lors d’un match de basket. Par le plus heureux des hasards, ces deux adolescents se retrouvent par la suite dans le même lycée. Alors qu’ils avaient décidé d’arrêter le basket, leur passion de toujours, leur rivalité va les pousser à s’inscrire au club de l’établissement pour pouvoir de nouveau se mesurer sur le terrain. Ainsi, ils vont rencontrer d’autres personnes, elles aussi passionnés par ce sport, et qui ont voulus également mettre le basket entre parenthèse, pour des raisons qui leur appartiennent…
L’histoire de ce fabuleux manga peut paraître banal dit comme ça, et je dois dire que je suis d’accord avec vous. J’ai d’ailleurs moi même pensé cela en découvrant l’existence de cette oeuvre, il y a quelques années. Les premières questions que je m’étais posé étaient les suivantes : « qu’est-ce que ce manga a de plus que les autres shônen sur le sport ? Pourquoi dit-on que c’est un chef d’oeuvre, alors qu’il n’a pas l’air plus fouillé qu’un Slam Dunk, ce manga que je n’ai d’ailleurs pas aimé ? ». Autant le dire, j’étais très sceptique. Mais finalement, poussé par certaines personnes (qui se reconnaîtront si jamais elles passent par ici), j’ai décidé de lire cette oeuvre, après avoir réussi à trouver tous les tomes dans différentes boutiques vendant des manga d’occasions. C’est alors que j’ai compris pourquoi la plupart des personnes qui m’ont conseillé cette oeuvre considèrent I’ll comme un chef d’oeuvre : à cause de ses personnages, entre autre.
Asada pourrait remplacer le basket par n’importe quel sport dans son oeuvre que cela ne changerait rien, puisque finalement, le sport n’est dans cette oeuvre qu’un moyen comme un autre de pouvoir développer les fabuleux personnages qu’il a créé. Finalement, I’ll c’est avant tout l’histoire d’une bande d’adolescents passionnés par le basket, qui ont tous plus ou moins décidés de l’abandonner ; l’histoire de garçons individualistes, renfermés sur eux-mêmes, et qui ignorent ce qu’est une « équipe » ; l’histoire des membres du club de Kouzou qui vont progressement (re)découvrir leurs rêves, leur passion et le sens de l’amitié.
A l’aide de son talent, Asada arrive à rendre réellement vivant durant quatorze tomes ses personnages pour le moins humains auquels on s’identifie et s’attache très rapidement. Tel un magicien, avec l’aide de son pinceau magique il nous fait rire avec ses héros, nous fait rêver avec eux, et nous fait pleurer en leur compagnie aussi. Lors des matchs, on espère avec eux, de tout notre coeur ; lorsqu’ils doutent d’eux-même, on comprend et partage leurs sentiments. C’est là pour moi toute la force de cette oeuvre forte, c’est-à-dire la facilité avec laquelle elle arrive à nous faire ressentir des sentiments tous plus différents les uns que les autres. I’ll est un monde à part, une dimension dans laquelle on rentre très facilement, avant d’en ressortir brutalement quelques tomes après, sans comprendre pourquoi, sans réaliser que c’est malheureusement fini.
Avant de passer à la suite, je me permets de souligner au passage le fait que les dessins d’Asada sont réellement magnifiques. Ils s’améliorent du début à la fin, ce qui est un vrai délice. D’ailleurs, si les personnages arrivent à paraître si vivants, c’est en grande partie grâce à l’art du monsieur, car on peut dire qu’il a un certain talent. Les protagonistes qu’il a créé ont des visages très détaillés, très fins au niveau du visage ; par ailleurs, on peut noter que chacun de ses personnages a été très recherché, que ce soit au niveau des expressions ou au niveau de son physique. Si certains d’entre vous ont lu Letter Bee, je pense que vous comprenez aisément ce que je vous explique…
Ce qui est remarquable chez Asada, c’est qu’il ne néglige pas forcément le basket malgré le fait qu’il ait décidé de la placer au second plan, dans le but de développer ses personnages. Les matchs qu’on suit sont à chaque fois orchestrés d’une main de maître, parfois intenses même, ce qui fait qu’ils sont véritablement agréables à suivre. Bien sûr, nous sommes loins d’un Slam Dunk qui est vraiment une référence en ce qui concerne les matchs, seulement je trouve que c’est un point qui mérite d’être souligné. Pour ma part j’ai beaucoup aimé les rencontres sportives mises en scènes pendant ce manga, et ce n’est pas rien puisque je suis à la base pas énormément passionné par tout ce qui touche au domaine du sport.
Enfin, I’ll est une oeuvre superbement bien écrite. Si Asada est très talentueux en ce qui concerne le dessin, je pense qu’il l’est tout autant pour tout ce qui traite à l’écriture d’un scénario. La narration de l’oeuvre est impeccable, parfois nostalgique ainsi que poétique, et surtout, le temps est parfaitement gérée. Maître Asada (il mérite bien que je l’appelle comme ça), contrairement à la plupart de ses confrères mangakas, maitrise le temps dans son oeuvre à la perfection ; avec lui, on a l’impression que tout s’écoule naturellement, comme si tout était finalement réel. Encore une fois, on peut le voir : ce qui fait la force de cette oeuvre c’est son histoire qui prend vie à travers les planches et au fil des dialogues, avec ses personnages très touchants de part leur humanité touchante et déconcertante.
Cette critique totalement subjective d’I'll a été écrit avec toute la PASSION que j’ai en moi, et j’espère que grâce à elle, vous aurez envie de découvrir cette oeuvre qui m’a fait rire, rêver, pleurer, et bien plus encore. Que vous soyez fan de basket ou pas, n’hésitez plus : ce manga est un chef d’oeuvre, une perle que tout le monde doit avoir lu, ou plutôt vécu, car comme la plupart des oeuvres fortes, I’ll ne se lit pas ; ça se vit, ça se ressent.
Par ailleurs, si tu as lu tout ça Gemini, j’espère que tu as maintenant compris pourquoi j’étais si indigné en lisant ta critique. Je sais très bien que ce billet ne changera pas totalement ton avis sur I’ll, seulement, si elle pouvait te faire réfléchir à nouveau sur cette oeuvre, je serais absolument ravis de pouvoir le lire. Si ce n’est pas le cas, eh bien tant pis, ce n’est pas grave. Ce que j’espère le plus personnellement après avoir rédigé ce billet, c’est voir des personnes se mettre à I’ll. Honnêtement, ça me ferait vraiment plaisir, surtout si après cela, ces personnes décident d’écrire eux aussi un petit quelque chose sur cette fabuleuse série qui est un poil trop méconnu à mon goût.
PS : je m’excuse pour le changement de ton entre l’introduction et la critique qui est peut-être un poil déroutant. Ça m’apprendra à écrire mes articles en plusieurs fois, à des heures totalement différentes qui plus est. Enfin, vous devez être habitués maintenant à mes introductions qui partent – malheureusement – un petit peu trop souvent dans tous les sens.
PS2 : si il y en a que ça intéresse, voici un autre article sur cette série qui est, je trouve, vraiment très réussi, rédigé par Fenriyl .



C’est quoi cette mode des « Alice aux pays… »?!
Je suis d’accord avec toi sur tous les points.
J’adore cette série, autant sur le trait graphique que son histoire.
Moi non plus je ne suis pas spécialement fan de sport pourtant j’ai accroché, on s’attache facilement aux personnes et on les sent vivants.